En réparation
- be_caro
- il y a 6 jours
- 1 min de lecture
Ma nécessité de repos était comme mon double depuis la mort de mon mari, ma dette de sommeil, elle, infinie. Mon post Un temps à moi, a été (a posteriori) la première pierre sur le chemin qui m'a conduite jusqu'à mon médecin pour lui dire mon épuisement, ma fatigue dont aucun sommeil ne venait à bout.
Il m'a déçu. A écouté sans entendre. A chercher à me faire admettre que j'étais déprimée. "C'est complexe..." me répétait-il, sans arriver à me proposer quelque chose, à entrer dans une posture de soutien. Comment peut-il ignorer la fatigue physique liée au deuil?
Les semaines d'arrêt que j'ai obtenues de haute lutte ont laissé un goût amer dans ma bouche. Je me suis retrouvée dans une urgence à me reposer, comme si j'avais un compte à rebours au-dessus de moi. C'était une nécessité et une injonction paradoxale en même temps. Alors j'ai jonglé. A un rythme plus mesuré. Petit à petit, je me suis dégagé des moments en nature, j'ai réappris la sieste, j'ai créé des vides dans mon emploi du temps.
Jongler c'est souvent survivre, surnager. Pour exister (littéralement se sortir de....), il faut être en mesure de répondre à ses élans intérieurs lorsqu'ils se présentent. J’en suis à ma troisième d'arrêt, ce sera la dernière que mon médecin m'accordera. Et je commence enfin à sentir la tension diminuer, un espace se créer, une écoute de moi émerger... comme un sentiment de liberté... et je dois vous avouer... j'ai peur de devoir y renoncer.




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