Ce(ux) qui compte(nt)
- be_caro
- 2 juil.
- 2 min de lecture
Depuis la mort de mon mari, les soucis s’enchaînent les uns après les autres. Certains, je les affronte de face, en viens péniblement à bout et l’histoire se finit bien : je suis fière d’avoir réussir seule. Et il y a ceux qui me dépassent totalement, comme les exigences de la justice ou de la banque. Alors là, je scrute mon entourage en espérant trouver une personne qui pourra me faire avancer d’un pas vers la résolution.
Comme me le disait justement un ami la semaine dernière, c’est un immense puzzle que je suis en train de construire. Lorsqu’on a attiré mon attention sur le fait que la dissolution du régime matrimonial précédait la succession, j’ai compris que je m’attelais désormais à une fresque, celle de ma vie de couple, des décisions que nous avons prises ensemble. Or il ne s’agit pas là de souvenirs, ni d’émotions. L’enjeu est tout autre, je dois passer notre vie de famille au crible d’une grille légale. Chaque événement a alors un certain impact, une certaine ampleur, des conséquences sur notre vie de famille actuelle.
Au jour d’aujourd’hui, on vit en couple sans se préoccuper de tout cela, mais au moment de rendre des comptes, tout a son importance. Le fait que nous étions déjà une famille avant de nous marier n’est pas si important. La date de notre mariage est ce qui est déterminant (avant ou après tel achat important ?).
Cela m’attriste de relire ainsi notre histoire. C’était un homme profondément généreux, mais de cela il n’en est jamais question. C’est cet héritage que je souhaiterai pouvoir défendre plutôt que d'essayer de comprendre quel argent j'ai le droit d'utiliser pour les factures courantes. En réalité lui, il arrivait à faire les deux : gérer le porte-monnaie de la famille avec une rigueur mathématique et ouvrir son cœur pour nous donner sans compter, assurer notre bien-être. Là aussi, il me manque.




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