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Après tout ce que tu as vécu...

  • be_caro
  • 19 nov. 2025
  • 1 min de lecture

Ce que je reproche tout haut aux autres, à savoir comparer l’épreuve de la maladie et celle du deuil de mon mari, s’impose parfois dans le silence de mon cœur. Les autres veulent croire que si on a traversé un cancer, alors on est outillé pour tout ce qui peut nous arriver. Ainsi c'est surtout eux-mêmes qu'ils rassurent, en se disant que tout ira bien pour moi.

 

Moi je vois la béance dans ma vie, là où se tenait auparavant un pilier, un soutien, un amour indéfectible. Mon mari était à mes côtés à chaque chimio et ce n'est pas si fréquent, raison pour laquelle il forçait l'admiration des infimières qui étaient toujours très heureuses de lui faire un café.  Il m’a laissée vivre ce chemin sans intervenir, il n’a pas cherché à influencer mes choix ; il s’est occupé des enfants, tout en réussissant à préserver en lui son désir pour moi. Alors que, sans sein, sans cheveux, sans poils, sans cheveux, sans sourcils, je peinais à me reconnaître femme, je pouvais retrouver cette part-là de mon identité dans ses yeux verts. Lors de la repousse de mes cheveux, il m’a coupé plusieurs fois les cheveux avec sa tondeuse. Il trouvait que cela m’allait bien, il me trouvait belle, encore et toujours.

 

Quand un être si proche meurt, tout de lui nous manque, ses défauts comme ses qualités, sa présence physique, sa façon de nous voir. Sans son regard, j’ai parfois peur de perdre celle que j’étais à ses yeux, celle qui m’aidait à m’accepter et à aimer. C’est mon chemin je le sais, mais je me sens si seule désormais… pleinement vulnérable.


bateau sur la mer

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