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Des miettes en or

  • be_caro
  • 24 févr.
  • 2 min de lecture

J'ai deux filles. Si différentes. Depuis le décès de son papa, mon aînée a d'énormes problèmes de sommeil (je vous passe les détails de tout ce qu'on a tenté). Elle me dit n'avoir pas besoin de pleurer, pas besoin de parler.


Cette situation m'a longtemps désarmée et il m'aurait fallu beaucoup de temps pour accepter que ce n'est pas vers la parole qu'elle se tournera lorsqu'elle sera prête à s'exprimer. J'ai fini par arrêter d'être dans l'attente de quelque chose qui ne la concerne pas. Cela peut paraître évident dit comme ça, mais les deux premiers mois, j'ai eu besoin de lui dire qu'il y avait de la place pour elle et ses émotions dans ma vie, que je n'allais pas être plus triste parce qu'elle l'était.


Alors désormais je reste un peu en retrait. J'observe, je me mets à l'écoute des petites choses. Parfois je tente une approche. Je me sens comme le Petit Prince avec son renard. Ce tendre ballet sert surtout à me rassurer plus qu'à l'apprivoiser. Parce que j'ai peur qu'un jour toute la souffrance qu'elle a enfouie remonte d'un seul coup, comme un vomissement retenu trop longtemps, et ravage sa vie. Alors j'apprends à avoir moins peur et à lui faire confiance.


Et parfois, je suis heureuse de récupérer une miette qu'elle a laissé tomber presque par inadvertance. Cette miette, c'est de l'or, une pépite. Ainsi l'autre nuit, elle m'a proposé de caresser une peluche parce que cela faisait la même sensation que "lorsqu'on caressait les cheveux de papa". Ce partage-là, c'est un morceau d'arc-en-ciel: il veut dire que je suis encore en lien avec elle, malgré nos deuils si différents.






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