Tonalités de rose
Le cap de la moitié du mois est passé et tant d'interrogations tourbillonnent dans ma tête cette année à l'occasion d'octobre rose. Il est vrai que cela a commencé de nombreux doigts pointant le pinkwashing de l'événement.
Pour ma part, cela m'a ramenée à la discussion que j'avais eu avec un jeune oncologue un jour de chimio. Grâce à lui j'avais compris que la médiatisation du cancer du sein avait aussi ses faces cachées.
Celle qui me touchait en plein fouet, c'était la face des injonctions à peine voilées. Les femmes que je voyais partout étaient toutes des kfighteuses, des guerrières. Elles étaient sur tous les fronts : sport, alimentation, yoga, groupe de paroles... et j'en passe. Et moi, je ne me sentais juste pas à la hauteur, je ne comprenais pas comment elles arrivaient à faire tout cela, alors que je n'arrivais même plus à jouer au Uno avec mes enfants. Cet oncologue a ôté de mes épaules le poids de la culpabilité qui n'avait pas de raison d'être.
Ce qui me frappe également cette année, c'est le grand-écart entre ce qu'on voit et les décisions qui sont prises. Je viens de passer 2 jours à Annecy, où les rubans roses sont accrochés aux ponts, où à chaque fois que je paie, je dois décider si j'arrondis le montant de mon achat pour faire un don... alors même que je suis dans le pays de la loi Duplomb.
Alors cette année, je ne sais pas quelle teinte de rose donner à ce mois d'octobre. Au lieu de rubans, je voudrais que l'exemple d'Agnès Ledig soit largement suivi. Elle qui a écrit, dans une lettre ouverte au Président :
Pour garder mon honneur, je vous rends ma Légion.
Lorsque je vois tant de jeunes femmes malades, tant d'enfants, j'essaie de garder espoir que les choses changent, que les jeunes fassent bouger les lignes. De mon coté, je garderai surtout le souvenir de ce carac rose dégustée en compagnie d'une amie aussi "rose" que moi. Parce que nous sommes passées au travers et que d'autres le pourront également.


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