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Ghost

  • be_caro
  • 24 août
  • 2 min de lecture

Ce film, j’y ai souvent pensé depuis la mort de mon mari. J’ai hésité à le regarder, mais j’avoue que j’en avais un peu peur, peur qu’il ne m’entraîne encore plus profond dans mon désespoir.  Parce  que le ressentir c’est sentir le manque en même temps.


Paradoxalement, à côté de cette peur, il y avait comme un besoin de réassurance, quelque chose qui viendrait me murmurer, me confirmer que ressentir sa présence, l’entendre me parler dans mon cœur était partageable.

 

Alors bien sûr, les témoignages de ce type de vécu sont pléthore et de façon générale j’aborde facilement ce type de sujets: je n’ai pas de souci à faire part de mes croyances ou ressentis, sans avoir besoin de convaincre qui que ce soit. Or, avec la mort de mon mari, je sens bien qu’il se joue quelque chose d’encore plus intime qu’il m’est difficile d’exposer aux personnes de mon entourage, à quelques rares exceptions près. Parce que c’est trop sensible, que j’ai besoin de protéger ces expériences comme des trésors et ne supporterai qu’elles suscitent de la condescendance.

 

C’est sur un coup de tête, le soir de notre anniversaire de mariage, que j’ai décidé de regarder Ghost avec mes filles, comme si le temps était subitement venu. Et ce n’est qu’après-coup que j’ai réalisé que j’avais besoin que mes enfants comprennent ce que je vivais, même si je n’en parlais que par allusions. Et ce film a le mérite de rendre la présence des morts très concrète, de pouvoir la figurer (au sens de lui donner une figure). Je me suis également rendue compte que ce film comportait bien plus de nuances que dans mon souvenir, notamment grâce au personnage de la médium.

 

Au final, je suis heureuse de ce moment passé avec elles et je sais qu’il est une pierre posée entre elles et moi. Ce que j’ignore c’est si on pourra bâtir quelque chose dessus. C’est trop tôt pour le dire, je n’ai envie ni de conjoncturer, ni de forcer. J’espère juste qu’elles se sentiront plus libres sentir la présence de papa, même fugitive, car je crois que la société qui nous entoure nous enjoint de mettre très vite le couvercle sur ces réalités.




 

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