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3 jours

be_caro
il y a 7 minutes
2 min de lecture

Chaque 10 septembre, mon mari et moi aimions à nous souvenir de cette journée durant laquelle nous sommes devenus parents pour la première fois. La grossesse avait été difficile. Parfois on se croisait au petit matin: il partait travailler tandis qu'épuisée par des nuits sans sommeil, j'allais me coucher. Il était si touchant lorsqu'il vérifiait l'eau de mon bain (je les aime brûlants) afin de, déjà, protéger sa fille... ou encore lors de ces heures passées me faire la lecture voix haute parce que j'étais trop fatiguée pour lire.


A sa naissance, il était, selon la formule consacrée, le plus heureux des hommes. Il a passé un temps fou avec elle, à tel point qu'à la veille de sortir de l'hôpital, je réalisais que je n'avais pas changé une seule fois la couche de notre fille. Il a passé des nuits entières à essayer de l'endormir (et ce n'était pas une sinécure), veillant sur elle avec une patience d'ange.


Désormais, mon coeur a trois jours pour passer des larmes aux rires. Je ne suis pas habituée. Et je ne sais pas si je m'habituerai d'ailleurs au fait que 3 jours séparent ces deux dates : la mort de mon mari et l'anniversaire de ma fille. L'an dernier, j'étais complètement sous le choc, prise dans l'ouragan du deuil et de l'enterrement à organiser. Mais cette année, mon coeur est si triste. J'ai beau savoir (et sentir) qu'il est là, il y a des jours où cela ne me suffit pas, où j'en veux plus...


Apporter de la joie, m'investir dans l'organisation d'activités stimulantes pour mes enfants est une chose que je n'ai pas encore réussi à retrouver. Alors oui, nous faisons des choses, mais la source de mon enthousiasme semble s'être tarie. Et quand cet état rencontre celui de mon ado qui me dit ne rien vouloir de spécial pour son anniversaire, j'avoue que m'enlise et j'essaie de me convaincre que je ferai mieux l'an prochain.











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