Couple
- be_caro
- 7 janv.
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Il n'y a plus de couple, je ne suis plus en couple. C'est dur à écrire. Je ne le dis pas, mais c'est une réalité qui s'impose doucement à moi. Une amie me l'avait dit assez tôt dans mon deuil : tu n'es plus sa femme. C'était une phrase étrange à recevoir. Je ne l'ai pas mal prise. Cette amie, elle avait une année d'avance sur moi et les larmes emplissaient encore ses yeux.
Dans mon quotidien, il y a un déplacement nécessaire à ma survie. Si je me demande en permanence ce qu'il aurait pensé, ce qu'il aurait fait, ce qu'il me conseillerait, ce qu'il aurait pris comme décision concernant les enfants, si telle ou telle chose lui aurait plu, je deviens folle. Folle de douleur, folle de solitude, folle de vivre avec un mort. Et pourtant il ne fait aucun doute ni dans mon esprit ni dans ma chair qu'il est auprès de nous, qu'il nous accompagne.
Mais la réalité, celle des impôts, de la justice, de l'école, c'est que nous sommes désormais une famille monoparentale. Ce terme est triste, il m'évoque un manque, une amputation. Alors j'essaie de faire peu à peu mienne l'expression de maman solo. Cela sonne mieux, plus joyeux à mon oreille.
Je ne suis plus en couple, mais je ne suis pas seule. Cette bague à mon annulaire en est le signe : nous avons fait alliance, nous formons toujours cette alliance et aujourd'hui j'ai (encore) besoin de cette trace matérielle pour ne pas me sentir complètement abandonnée. Ce lien reste, il mue... tout comme moi, tout comme lui.


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